| Le
propriétaire, le promeneur et le jardinier
Les propriétaires ont planté, la nature
a mis son temps… Puis les lieux ont changés de maîtres.
La promenade de l’usager s’est substituée au
tour du propriétaire. La vue panoramique, idéalisée,
du domaine a cédé la place à une nouvelle représentation
du parc.
Sans que son pas détecte le moindre changement,
le promeneur glisse imperceptiblement de la rue à l’allée.
Dedans comme dehors, l’espace est balisé par le mobilier
urbain. Pris en charge par un réseau de chemins, le flâneur
a la certitude de ne pas se perdre et ce substitut de nature lui
évite tout obstacle. Le règne végétal
domestiqué l’expose à la rêverie…
Alors les interventions contemporaines perturbent la vision romantique
du parc. L’œil se focalise sur un panneau, une clôture,
une étiquette: la rêverie s’accroche.
Le pittoresque apprêté laisse apparaître
une organisation et un travail méthodique: les horticulteurs
ont quadrillé les lieux du son de leurs activités.
Au premier plan s’exprime ce qui est censé disparaître
au profit du résultat: des gestes sacrificateurs, guerriers,
gourmands, protecteurs…
^ |